L'étanchéité plus en profondeur

 

On peut distinguer deux types de pression : la pression statique et la pression dynamique.

La pression statique

La pression statique est relative au poids de la colonne d’eau au-dessus de la montre et dépend uniquement de la profondeur d’immersion. Elle s’applique uniformément sur toute la surface extérieure de la montre.

Elle se calcule de la manière suivante :

Pstat=ρ⋅g⋅h

Où :

ρ : densité de l’eau
g : gravité terrestre
h : profondeur d’immersion

La pression dynamique

La pression dynamique, quant à elle, dépend du mouvement relatif entre la montre et l’eau. La montre peut être immobile et l’eau en mouvement, ou inversement. Cette pression n’est pas uniforme, mais est en lien avec la géométrie de la montre. Pour un flux laminaire, elle atteint son maximum au « point de stagnation », qui correspond à l’endroit où le flux liquide se sépare en deux pour contourner l’objet.

 

 

 

Elle s’obtient comme suit :

Pdyn=1/2⋅ρ⋅v2

Où :

ρ : densité de l’eau
v : vitesse relative entre l’eau et la montre

La pression totale

La pression totale qui s’exerce sur une montre en contact avec de l’eau est l’addition des deux pressions – statique et dynamique – car le phénomène physique est le même. Elles s’exerceront toutefois avec une intensité différente selon le type d’activité pratiquée : la statique dominera lors d’une plongée sous-marine (en profondeur, à basse vitesse) ; la dynamique lors d’un saut depuis un plongeoir (plutôt en surface, mais à haute vitesse).

De fait, une montre étanche dès 2 bar (environ 20 m de profondeur) est suffisamment résistante pour tout loisir nautique courant et toute situation domestique avec de l’eau. En effet, pour atteindre une pression dynamique de 2 bar, il faudrait sauter d’une hauteur de 20 mètres (env. 70 km/h), une pratique qui sort du champ des activités ordinaires.

Le phénomène de condensation

Une montre étanche est conçue pour empêcher l'eau et la poussière d'entrer, mais elle n'est pas hermétique aux gaz – notamment la vapeur d’eau. Ce phénomène physique, appelé perméation, permet à l’humidité ambiante extérieure d’entrer progressivement dans la montre. La perméation se produit lorsqu’il existe une différence de concentration de gaz entre l’intérieur et l’extérieur de la montre. Dans ce cas, la capacité des matériaux à capter les molécules d’eau gazeuse (humidité), à les diffuser à travers la matière puis les restituer de l’autre côté, va équilibrer l’humidité entre l’intérieur et l’extérieur, à plus ou moins long terme.

Le taux d’humidité à l’intérieur d’une montre portée dans un climat humide sera ainsi supérieur à ce qu’il serait dans un climat sec. Cette humidité naturelle n’altère pas la fonctionnalité de la montre.

Lors d’un choc thermique, comme un passage rapide du chaud au froid (par exemple en entrant dans un lieu climatisé ou lors d’une baignade dans de l’eau froide), il peut arriver qu’un phénomène de condensation survienne : l’eau à l’état gazeux passe à l’état liquide, sous forme de fines gouttelettes sous le verre de montre. Cette condensation passagère disparaitra en quelques minutes et n'indique pas un défaut d’étanchéité de la montre.

Technique et matériaux

Le composant technique qui permet à une montre d’être étanche est le joint d’étanchéité. Cet élément est intercalé entre deux composants du boitier de montre, partout où le risque de pénétration d’eau existe : entre le fond et la carrure ; le verre et la lunette ; de même qu’au niveau de la couronne et des éventuels poussoirs.

L’efficacité du dispositif dépend de la qualité des matériaux et de la parfaite intégrité des composants, en particulier les joints en polymères. Ceux-ci peuvent perdre de leurs propriétés avec le temps et altérer l’étanchéité de la montre.

C’est pourquoi il est conseillé de suivre les recommandations du fabricant et les conseils de service pour préserver l’étanchéité.

 

 

 

1. Glace
2. Joint de glace
3. Carrure
4. Joint de fond
5. Fond
6. Tube de couronne
7. Joint de couronne
8. Couronne

Les marquages et références aux normes

Pour qu'une montre étanche puisse être marquée « water-resistant » ou l’une des traductions autorisées, elle doit respecter les exigences de la norme ISO 22810. D'autres marquages, souvent utilisés à tort tels que « waterproof » ou « water-resist », ne correspondent à aucune norme. Le marquage peut être complété par l’indication de la limite de surpression en bar, ou celle d’immersion équivalente en mètre.

Les montres de plongées sont, quant à elles, couvertes par la norme ISO 6425. Une montre revendiquant la conformité à cette norme peut porter le marquage « montre de plongée L m » ou « diver’s watch L m », L indiquant la profondeur en mètre garantie par le fabricant. La documentation accompagnante doit explicitement faire référence à la norme ISO 6425.